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Le flirt de Dominique Fourcade

  Dominique Fourcade compose un long poème en 15 parties, suivi d'un « flirt avec trois photographies ». Dans cette œuvre, il explore une relation avec ce qui est le plus sérieux : le « elle » dans « avec elle » désigne la mort, qui s'impose sous diverses formes, bien au-delà de celles liées à la guerre.  À la fin de sa vie, il ressent un retour du désespoir lié à la guerre, semblable à celui qu’il avait éprouvé dans son enfance. Toutefois, de nombreux aspects ont évolué depuis sa jeunesse, notamment un sentiment d'appartenance à l'Europe et la compréhension que, pour un écrivain, vivre des moments d'existence d'une manière plus intense et authentique passe par l'expérience de l'écriture. Son écriture aborde ainsi le présent, mêlant le trivial à des dimensions mythologiques, et l'idée de flirt lui apparaît comme la manière la plus légère d'évoquer cet enjeu gravissime. Dominique Fourcade, flirt avec elle, P.O.L  

Le changement de vie et d'identité linguistique de Lori Saint-Martin

Comment se libérer d'un sentiment d'étouffement qui accompagne depuis toujours ? Originaire de Kitchener, une petite ville anglophone de l'Ontario, Lori Saint-Martin semble, dès sa naissance, destinée à suivre un parcours déterminé comme fille de la classe ouvrière. Très tôt, elle éprouve un malaise existentiel qui ne fait que s'intensifier à l'adolescence. Son désir de s'échapper et de se métamorphoser pour devenir la véritable version d'elle-même grandit. Sa première action : s'immerger dans la langue française et décider de l'adopter comme sa langue principale. La littérature se révèle être sa porte d'entrée vers une nouvelle réalité. En maîtrisant les mots, elle acquiert son autonomie et découvre le pouvoir de sa voix. Face à l'éternelle question de sa mère, Who do you think you are ?, Lori Saint-Martin livre ici une réponse à travers son récit. Pour qui je me prends est une ode au parcours lumineux d'une femme qui a su s...

Tranches de vie en Atlantique Nord

  Il y a les baignades de Camille, provisoirement échouée sur la péninsule de Bonavista à Terre-Neuve. Les couleurs qui dansent sous ses paupières n’apaisent que pour un instant sa soif de renouveau. En Écosse, un garçon brillant, William, a la plus jolie maman de l’île de Mull. Il arrime ses jeux à la cadence des marées et perce des trous dans les bottes de sa mère pour lui redonner le sourire. Chercheur en biologie marine, Lou a, lui, abandonné son amoureuse bretonne pour rejoindre l’Islande. La lumière rare lui offre là un manteau propice au deuil et aux dérobades du cœur. Et enfin Célia, en Bretagne, à l’aube de ses amours et déjà nostalgique. L’adolescente est attentive aux vibrations subtiles du dehors et au goût de sel sur ses lèvres. D’un bout à l’autre de ce voyage en Atlantique Nord, ces morceaux d’existences se répondent, se réfractent et diffusent leur clarté, sous l’œil scrutateur des poissons migrateurs. Romane Bladou , Atlantique Nord,  La Peuplade ...

L'infini charme de Georges Perec

Il est mort jeune, à quarante-cinq ans, mais il laisse une œuvre considérable, labyrinthique, construite comme autant d’expériences d’écriture. Une vie anéantie à peine commencée – père tué en 1940, mère disparue à Auschwitz. Pas de souvenirs d’enfance. De cette amnésie, Georges Perec fera le ressort de sa création littéraire : il ne cesse de chercher à retisser des liens et des repères par les lettres, le jeu, l’invention narrative. Son œuvre trace des chemins obliques pour lire le monde et son histoire. La vie de cet homme qui s’est reconstruit grâce à sa passion des mots s’entrevoit essentiellement à l’ombre et à la lumière de ses livres. C’est en les lisant que Claude Burgelin s’efforce de retrouver la trame d’une vie et les secrets d’un imaginaire qui continue à fasciner par son charme indicible et ce qu’il conserve d’énigmatique. Il accompagne une enfance cassée avant d’être recréée par les ressources de l’intelligence. Esquisse le portrait d’un jeune homme déte...

Le candidat à la présidentielle Victor Hugo

Victor Hugo, figure emblématique de la littérature française, a également nourri des ambitions politiques marquantes, se présentant à l’élection présidentielle à deux reprises. La première fois, en 1848, il se désiste rapidement, tandis que sa seconde tentative en 1852 est annulée à la suite du coup d'État du 2 décembre. Cet événement ne freine pas seulement sa carrière politique ; il conduit Hugo en exil, où, loin des tumultes de la politique française, il devient le symbole de la République, en défendant ses valeurs à travers ses écrits. Dans son ouvrage, Bruno Fuligni dévoile les péripéties de ces ambitions politiques, tout en présentant le programme électoral de Victor Hugo, tiré de ses textes et discours. Hugo aborde des thèmes essentiels tels que la République, le socialisme, l’Europe et la mondialisation, offrant une vision humaniste et globale de la société.   Se déclarant « appartenir à tous les partis par ce qu’ils ont de bon et de légitime », il incarne un pluralisme pol...

Les reportages de Jean Meckert

Ces reportages, pour la première fois réunis en recueil, mettent à la une d'Essor les conditions matérielles des "humbles" , désenchantés par les lendemains de la Libération en laquelle ils avaient mis tous leurs espoirs. Brutalement ramenés à la réalité des restrictions, du marché noir et de la misère, ils sont confrontés aux "puissants du moment" , profiteurs de guerre, affameurs, politiques ou fonctionnaires. Dans le style brut qui est la marque de ses romans, Jean Meckert recueille témoignages et confidences, ou brosse les portraits ironiques des révolutionnaires de tous ordres. Les nouvelles et autres textes qui complètent ce recueil sont écrites d'une même encre noire.  Jean Meckert, Chez les anarchistes. Reportages, nouvelles et autres textes. Texte établi et préfacé par Franck Lhomeau. Joseph K.    

Correspondance de Leiris et Baron

Paris. Début des années 1920. Deux jeunes hommes se rencontrent  : Michel Leiris et Jacques Baron, tous deux poètes. Ils aiment les boissons alcoolisées, les boîtes de nuit de Montmartre et de Montparnasse, les femmes et le cinéma, tout ce qui affiche le charme d’une aventure. « Ensemble, de lieux communs en lieux mal famés », ils errent dans Paris, alors bureau de toutes les extravagances. Ils écrivent des textes propres à effrayer les gardiens de l’Ordre littéraire et de l’Ordre tout court. Tous deux se tiennent auprès d’André Breton lorsque s’inaugure la geste surréaliste. L’un d’eux part au service militaire en Algérie. Débute alors une correspondance qui se prolongera toute la vie et à travers laquelle le surréalisme scintille de tous ses éclats, entre éblouissement et fureur. À lire Jacques Baron, on découvre ainsi, dans le sillage de La Revue marxiste et de La Critique sociale, la pensée dissidente des gauches communistes oppositionnelles. À suivre ...