Le cri de colère de Bernanos

 

« Où allons-nous ? » demande Georges Bernanos. Depuis le Brésil, où il s’est exilé en 1938, le romancier a observé avec angoisse le saccage nazi de toutes les valeurs. Il a pressenti que celui-ci risquait de produire son souffle destructeur au sein des sociétés européennes longtemps après la victoire alliée. Qu’il s’agisse de la trahison des classes dirigeantes « emportées par leur mépris et la haine du peuple », du machinisme, de l’État total, de l’empire de l’argent, de la dictature anonyme ou de « l’immense appareil législatif et administratif » qui s’est mis en place pendant la guerre, l’écrivain aux dons de prophète a vu que l’humanité ne retrouverait pas ce qu’elle avait perdu — ou qu’elle le retrouverait sous une forme méconnaissable. Un texte saisissant.

Georges Bernanos, Où allons-nous ? Avant-propos de Sébastien Lapaque. Seuil.

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