Les sonnets de Shakespeare à La Pléiade
Ce volume réunit l’ensemble de l’œuvre lyrique de Shakespeare et met un point final à l’édition des Œuvres complètes de Shakespeare dans la Pléiade.
Vénus et Adonis (1593) et Le Viol de Lucrèce
(1594) ont connu en leur temps un vif succès, notamment de scandale :
si l’on ne voit parfois dans ces petites épopées mythologiques et
érotiques que des exercices d’imitation sur des sujets tirés d’Ovide,
leur charge subversive, bien réelle, n’échappa pas aux lecteurs
contemporains. Les Sonnets (1609), au contraire, sont passés
presque inaperçus lors de leur publication. Ils sont pourtant devenus
l’un des fleurons de l’œuvre de Shakespeare. Loin de n’être qu’un miroir
où se lirait la vie bisexuelle de William S. à travers le triangle
amoureux que le poète y dessine avec le « beau garçon » et la « noire
maîtresse » auxquels il s’adresse, le recueil, ici retraduit par
Jean-Michel Déprats, possède une force qui excède largement la question
sexuelle. Figures de styles et effets sonores contribuent à d’infinis
croisements entre les mots et la pensée (et la pensée dans les mots). Il
n’y a pas d’interdits de langage pour Shakespeare : son invention est
aimantée par une subversion, morale et esthétique, de tous les instants.
En
France, les sonnets ne sont traduits qu’à partir de 1821, et ce n’est
qu’en 1857 que François-Victor Hugo en donne une traduction intégrale.
Traductions et réécritures se multiplient ensuite. L’anthologie qui clôt
le volume donne à saisir les métamorphoses auxquelles s’est prêté, et
continue de se prêter, ce monument de la poésie universelle.
William
Shakespeare, Œuvres complètes, VIII, Sonnets et autres poèmes, La Pléiade