Lutter contre le révisionnisme polonais
La disparition de la quasi-totalité des Juifs de Pologne pendant la
Seconde Guerre mondiale est due à leur assassinat systématique par les
Allemands. Mais que sait-on des comportements de la population polonaise
? La paix revenue, que sont devenus les derniers survivants ? Que nous
dit aujourd’hui l’irruption de ce passé dans la société polonaise ?
Comment vivre avec la mémoire d’Auschwitz, de Treblinka, de Belzec,
autant de mémoriaux situés en Pologne ?
Depuis une quinzaine d’années, des historiens de ce pays ont montré
combien il était difficile aux Juifs qui tentaient d’échapper aux tueurs
de trouver appui auprès des populations locales, surtout en milieu
rural, tant en raison de la politique de terreur menée par l’occupant
que de l’hostilité de la société polonaise à l’égard des Juifs. Leurs
travaux font désormais autorité dans le monde entier. Pourtant, depuis
quelques années, les autorités de Varsovie mettent en œuvre une «
politique historique » qui vise à minorer, voire à nier, la
participation de franges importantes de la population polonaise à la
traque des Juifs.
Sur place, malgré les embûches et les intimidations, les historiens
travaillent, publient, organisent des colloques, forment des étudiants.
Les auteurs réunis dans cet ouvrage témoignent de la vitalité de cette
historiographie. Faire connaître aujourd’hui la fécondité scientifique
et la portée critique de la nouvelle école historique polonaise est une
exigence intellectuelle, morale et politique.
Sous la direction de Audrey Kichelewski, Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek, Annette Wieviorka, Les Polonais et la Shoah Une nouvelle école historique, CNRS Éditions.